jeudi 22 décembre 2011

Nooooooël !

Et voilà, ça y est, nous voilà revenus à l'immanquable période annuelle de Noël, que certains adulent sans condition ni réflexion (ohh !! que c'est beau les illuminations de la gare de Hakata - alors qu'on est en pleine période d'économie d'électricité pour cause de fonctionnement du parc nucléaire réduit plus que de moitié - !), et que d'autres préfèrent considérer avec dédain (la pire des conventions, le pic de la société de consommation, tradition issue du christianisme, ou au contraire dérive consumériste trop éloignée de la tradition...).

Je dirais : oui, et oui, dans un sens - vous me savez de toute façon une grande révolutionnaire toujours au top de la subversion - mais... voilà, je descends pour une fois de mon piédestal : j'aime bien Noël. Et pour des raisons toutes petites, pas pour de grandes idées : chez moi, Noël c'est cool. C'est cool tout simplement parce que ma famille s'entend bien, que c'est agréable d'être ensemble, parce que j'aime bien cuisiner et surtout manger de la bonne bouffe. Et donc cette année, Noël c'est cool au carré parce que ça fait 8 mois que je ne suis pas rentrée au pays, que je n'ai pas passé de temps avec ma famille et que je n'ai pas eu le temps de manger tout un tas de trucs excellents (fromage, charcuterie, foie gras, canard, agneau, raclette... bon je me répète un peu, mais j'ai failli avoir une syncope hier en faisant les courses dans un supermarché. Sérieux, notre pays est le paradis de la bouffe, y'a rien à dire).

Bref, bref, toutes choses qui m'amènent à vous souhaiter un joyeux Noël, et à espérer que vous saurez utiliser cette occasion pour passer un bon moment, aussi anti-conventionnel soit-il, aussi a-traditionnel soit-il (enfin, j'espère que vous mangerez quand même du foie gras).
Et comme je suis super sympa, du moins à mes heures, j'ai même décidé de vous faire un petit cadeau. Certes, c'est un cadeau tout virtuel et en somme tout gratuit de ma part (donc non-consumériste, ce qui devrait plaire du coup même aux réfractaires), mais c'est un cadeau utile, qui réchauffera vos soirées d'hiver, illuminera vos soirées de déprime, et éventuellement fera un bon décompresseur si vous faites partie de mes amis thésards surbookés qui n'ont pas de vie. ;)

Mon petit cadeau, donc, c'est : une top-list des meilleurs love-drama japonais ! by me, la pro toutes catégories internationale du drama japonais (vous en avez de la chance).
Je pense que le mot parle de lui-même, il s'agit donc des séries télévisées romantiques produites par les chaînes TV de ce beau pays que j'habite actuellement. Et oui, les moeurs des Japonais me fatiguent bien souvent et je me sens parfois en total décalage avec elles, et oui j'ai envie de me pendre chaque fois que j'allume la télé (ne vous inquiétez pas, cette année pour éviter tout risque, je n'ai pas de télé dans mon appart), et oui je suis toujours la personne la plus inapte aux relations de couple que je connaisse, et en plus, comme je l'ai dit précédemment, je pense que ma génération a passé l'âge du grand amour. Mais malgré ce background incroyable, le love-drama, c'est parfait !

J'entends souvent assimiler le love-drama (ou les dramas en général d'ailleurs, ce qui pour le coup démontre l'ignorance du genre) au shojo manga, donc un truc spécialement réservé aux filles niaiseuses qui rêvent du prince charmant sur son cheval blanc, qui laisserait de marbre toute autre catégorie d'être humain. Mais laissez-moi vous déniaiser justement, chers amis, car pour peu que vous soyez honnête avec vous-mêmes, il faut avouer que le love-drama a quelque chose d'effroyablement universel : vous aussi, vous pleurerez aux moments où il faut pleurer, rirez aux moments où il faut rirer, détesterez comme il se doit le "méchant" qui veut faire foirer la belle histoire d'amour sans la moindre once d'objectivité, et vous vous pâmerez devant la scène tant attendue où les héros finiront par se faire un bisou - avec probablement plus d'intensité que si quelqu'un était effectivement à côté de vous en train de vous rouler une pelle - bien que pourtant, bien souvent, la scène en question est aussi farouche que le genre de bisous dont vous étiez capable à la maternelle.

Bref, le love-drama, c'est LA solution pour sourire sans raison devant son écran, et même si c'est carrément l'incarnation de la vie par procuration, c'est aussi du bonheur (gratuit) en .avi. En plus tout le monde est beau, et rien ne se passe comme dans la "vraie vie", et c'est bien ce qui est bien.

Et si, à la lecture de cette passionnante diatribe, vous vous trouvez trop intelligent, trop occupé, ou trop au-dessus-de-ça pour tenter l'expérience, vous êtes probablement ceux à qui le matage d'un love-drama serait le plus profitable : tous les grands cerveaux ont besoin d'une soupape de sécurité, tous les hard-workers se doivent de décompresser pour ne pas sauter du haut d'un building de Shinjuku, et tous ceux qui ont un peu de fierté mal placée devraient redescendre de leur nuage de temps en temps, poser les pieds sur terre et réaliser qu'ils sont toujours des humains parmi les autres...

Sur ce, je vous souhaite de bonnes fêtes, de bonnes bouffes, et vous laisse donc comme promis quelques titres, non exhaustifs, sous le sapin. :)

1. Pride (recommandé aux non-allergiques à Kimura Takuya, en duo avec Takeuchi Yuko ♡)
2. Hana Yori Dango (incontournable... issu du shojo du même nom)
3. Buzzer beat (pour les non-allergiques à Yamapi cette fois, délicieusement fleur bleue)
4. Fukigen na gene (ou l'amour au labo, recommandé aux thésards, sans hésitation !)
5. Zenkai girl (recommandé aux hard-workers, sympathique)

Enjoy !
(Edit de dernière minute : les connaisseurs sont bien sûr invités à laisser leurs références de dramas inoubliables ! Ca apportera de l'eau à mon moulin, et si vous en trouvez un génial que je connais pas encore, je vous paye un coup à boire. :D)

vendredi 2 décembre 2011

Nostalgie parmi d'autres



C'est une vieille chanson que probablement pas grand-monde ne connaît, qui se trouve sur le premier album de Tarmac, ce groupe à moitié issu de Louise Attaque, et dont seul le second album - "Notre époque" - a reçu quelque intérêt médiatique. Il en existe néanmoins ce clip étrange, à l'intro assez douteuse.

C'est une chanson que j'écoute depuis très longtemps, et que j'hésite toujours à faire partager, parce que ces à peine plus de deux minutes de musique font partie des morceaux qui me sont le plus chers, et à propos desquels je n'ai guère envie d'entendre de critique d'aucune sorte.
Timidement, j'ai évidemment fait écouter, au fil du temps, cette chanson à quelques autres personnes choisies, ayant toujours l'impression qu'elles ne savaient pas l'apprécier à sa juste valeur.

Car, je ne sais pas pour vous, mais il y a parfois, rarement, de ces morceaux et de ces textes qui semblent avoir été écrits pour vous, qui font écho à quelque chose d'à la fois vague et profond, en lesquels on se reconnaît presque entièrement. Ça rejoint ce que je disais à propos de la littérature dans un article précédent, ce sentiment de proximité qui me paraît être quelque part l'objectif ultime de toute forme d'art véritable : transmettre un ressenti, sous une forme particulière, à travers laquelle seuls ceux qui vous ressemblent pourront y déceler le sens premier.
Mais la musique, rajoutant au texte la dimension mélodique, et aussi le caractère concentré d'un texte poétique musical, par rapport à un long roman de plusieurs centaines de pages, cristallise ce sentiment de façon assez extrême.

Ainsi, n'étant ni une grande musicienne, ni à proprement parler une grande amateur de musique, il existe pour moi cette catégorie de morceaux tout à fait précieux, dont celui-ci est assurément un exemple de choix, et parmi lesquels d'ailleurs Louise Attaque et consorts tiennent d'ailleurs une place essentielle (ceux qui, rares certainement, étaient lecteurs de mon ancien blog ou camarades de mes anciennes péripéties littéraires le savent bien - à relire ce texte d'époque, en même temps que je le trouve évidemment ridicule, je me rends compte que je suis devenue un être terriblement plus rationnel...).

A y bien réfléchir, je suis en matière de musique quelqu'un de terriblement peu innovant. Les morceaux que j'écoute encore aujourd'hui quotidiennement dans mon ipod sont en grande partie des morceaux que j'écoutais déjà il y a plusieurs années. Bien que je reconnaisse la claire propension à la lassitude que cela engendre, je n'arrive pas pour autant à aimer facilement de nouvelles musiques, de nouveaux artistes, et ma position en vient à avoir quelque chose de réactionnaire, le fameux "c'était toujours mieux avant", et les morceaux susceptibles de se rajouter à cette liste des "classiques en or" semblent se faire de plus en plus rares. Quant à parler d'un groupe, je me demande si Louise Attaque restera définitivement le seul. (Est-ce à dire, pour faire un autre rappel, qu'avec l'âge on s'attache de moins en moins aux musiques comme aux gens ?)

Pourtant j'ambitionne parfois de découvrir de nouvelles choses, mais c'est en tout en ayant cette impression bien connue de sacrifier à la marche du monde, peut-être dans la crainte de m'entendre dire un jour, de la part d'un ami de longue date, "putain mais t'écoutes toujours les mêmes trucs depuis l'an quarante !". Finalement, en matière de musique, je suis en somme bien plus une nostalgique qu'une dénicheuse de talents, mais je m'en accommode tant bien que mal...

Je sais que ce blog était censé être dédié à mes aventures japonaises, et peut-être que le fait que j'en arrive à raconter des choses insignifiantes de ce style vous fatigue ? Le fait est que quand je n'ai pas le temps d'écrire, ce qui est bien plus souvent le cas que le contraire, je fais des petites listes d'anecdotes à raconter, mais quand finalement j'ai l'occasion de me poser devant mon écran, le moment semble être passé... pour moi, un contenu ne fait pas en soi un bon article, et j'ai toujours préféré écrire selon l'inspiration du moment. Il est agréable de sentir les mots couler sans effort, même de cette plume virtuelle, dans un élan toujours un peu magique. De tout ce que j'ai pu écrire, c'est toujours ce qui a été écrit dans ce genre d'état d'esprit qui me plaît le plus, comme s'il était question de transmettre autant l'essence d'un instant que des messages, des idées précises... Le rapport à l'écriture, toute forme d'écriture, tel que je le conçois et l'aime, doit être libre de toute contrainte, même auto-exercée. Sinon, ou tout au moins en ai-je l'impression, il en ressort des choses formatées, peut-être intéressantes, mais dénuées de la touche personnelle de celui qui écrit.

Bref... je m'égare, mais ceci était censé expliquer pourquoi cette semaine, après avoir vaguement promis de vous raconter mes expériences de caracolage en haut des sommets du Kyushu (pour sûr, des exploits intenses), vous vous retrouvez avec cette petite parenthèse musicale nostalgique. Ce blog semblant être engagé ces derniers temps dans la course au record du blog le moins commenté du monde, je n'ai à vrai dire aucun moyen de savoir si cela vous ennuie profondément, vous touche parfois, vous laisse indifférents ou vous ravit. Et je ne sais pas trop non plus qui est "vous", même si c'est un charme du blogging. Mais comme vous l'imaginez bien, le feedback fait toujours plaisir à l'auteur ; après tout, si je n'écrivais que pour moi-même, je ne prendrais pas la peine de poster tout ça sur un blog. Quelle que soit la densité du contenu, l'idée est toujours de faire partager quelque chose, et partager est un verbe qui implique nécessairement, au moins, quelques Autres. N'hésitez donc pas, même en toute insignifiance, à laisser de temps en temps une trace de vos passages. ;)