lundi 28 mai 2012

(Junior) High School never ends...

Certains se souviennent peut-être d'un article que j'ai publié ici même il y a quelques mois, et qui traitait à peu près du même sujet que je souhaite réaborder ici, à savoir mes relations avec mes congénères mâles japonais (et par extrapolation peut-être, celles des autres gaijin femelles dans ma situation).

Le temps passant, j'ai fait au cours de cette année de nouvelles découvertes : par exemple, à force de fréquenter chaque semaine la même salle d'escalade et le même club de badminton, les garçons que je croise à chaque fois ont fini, après bien six mois, par s'apercevoir de ma présence, ou tout au moins par faire enfin mine de.

Cela, c'est peut-être à cause de ma ténacité dans la performance sportive, mais c'est aussi, je crois, essentiellement, le fait des nomikai. Le nomikai (mot à mot un rassemblement où l'on boit), ça peut aller de la simple soirée sympatoche au vrai binge drinking à la japonaise, et apparemment, il n'y a pas de limite d'âge pour ça. La différence avec les folles soirées de mon adolescence, c'est que ça se fait à l'extérieur, dans un resto-bar quelconque, ce qui a pour résultat que les stars de la soirée se retrouvent à cuver allongés dans le caniveau en public, plutôt qu'à vomir dans les toilettes de chez l'un de leurs potes.

Après quelque expériences du genre, je peux affirmer que le nomikai est un élément essentiel de ma "socialisation masculine" au Japon. Il est de notoriété publique que l'alcool a un effet désinhibant et ce n'est pas moins vrai ici qu'ailleurs ; ça l'est même plus si on considère la très faible tolérance des Japonais à l'alcool (un phénomène physique amusant que j'aimerais qu'un biologiste m'explique un jour). Vous n'avez même pas le temps de vous sentir un petit peu joyeux que toute l'assemblée autour de vous semble littéralement torchée et commence à parler un langage dont l'incohérence vient à bout de mes capacités linguistiques en japonais, le visage tout rouge pour une bonne moitié (autre phénomène biologique amusant à étudier), et c'est là qu'on peut observer des comportements intéressants.

Arrivés à ce stade, tous les garçons qui ne m'avaient pas adressé la parole durant les multiples entraînements me parlent comme si on avait élevé les cochons ensemble, certains ne ratent pas une occasion de vous passer négligemment un bras autour des épaules, et le plus téméraire jusqu'à présent est allé jusqu'à me proposer de lui enseigner le "french kiss" d'origine. Je trouve que c'est un admirable progrès si on considère que je n'avais même pas eu l'occasion de connaître seulement le prénom de tous ces admirables jeunes gens.
Mais le top du top, c'est que ceux qui me témoignent en général une visible sympathie - tel le dirigeant de mon club, un mec plutôt rigolo mais qui approche la cinquantaine quand même - sautent aussi une étape après quelques bières, et j'ai ainsi droit à chaque fois à de folles déclarations enflammées autant qu'entachées d'un peu de culpabilité (le mec a une famille et je suis bien plus proche de l'âge de sa fille que du sien), du genre "je te drague pas hein, mais si jamais tu me disais que tu voulais m'embrasser, hein..."

Mais ce n'est pas fini ; le plus fascinant, pour moi, ça reste les lendemains de ces charmantes beuveries où tout reprend soudainement sa place, où tous ceux qui se sont approchés d'un peu trop près compensent par une feinte distance, du genre  mais non, je n'ai jamais passé un demi-heure à tenter de te convaincre de me rouler une pelle, et d'ailleurs on est pas plus potes qu'avant. Moralité : on en est à peu près au niveau des années collèges, quoi. On n'assume pas le jour ce qui se passe la nuit, et je n'ose même pas imaginer si en tant que fille, c'était moi qui me collait à tout le monde et à essayer de rouler des pelles au peuple, les réactions intéressantes que cela susciterait. Les frontières du genre sont finalement toujours là quelque part...

Bref, tout ça pour dire que sans alcool la fête n'est pas plus folle et que je continue à douter sérieusement des capacités de socialisation des hommes japonais. Bref, c'est toujours pas demain que je risque de me trouver un mec.


2 commentaires:

  1. La faible tolérance du japonais moyen est sûrement due à leur faible masse corporelle. Peut être que pendant que tu es occupée à boire des bières ils se ruinent au saké aussi...
    Pour ce qui est des rougissements, ils sont provoqués par l'effet vasodilatateur de l'alcool sur les vaisseaux sanguins périphériques (de la peau donc, les mêmes qui sont dilatés durant un effort physique pour limiter l'accumulation de chaleur due aux contractions musculaires). L'alcool peut donc induire une hypothermie (mieux vaut donc se défoncer en interne chez un pote et non dans la rue). Le phénomène le plus drôle lié à l'alcool est l'envie d'uriner... L'alcool inhibe une hormone antidiurétique induisant une envie de pisser importante et une soif rarement égalée ^^

    Bonne chance pour tout le reste.
    Conseil: parle leur en pré-Binge ^^

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  2. Ah ah ah ! Leur faible masse corporelle... c'est ce que je dis toujours, mais y'a quand même pas mal de mecs japonais un peu plus grands et plus gros que moi et ils tiennent quand même pas du tout l'alcool...
    Et non, ils boivent de la bière (bon certes beaucoup, et ensuite quand ils sont déjà bourrés ils passent au shochu, alcool à 20° mais qu'ils diluent dans de l'eau, c'est immonde, et ils croient boire un truc fort...)
    Le sake cela dit n'est pas si alcoolisé que ça, c'est un peu comme le vin ou un peu moins !
    Bon en tous cas, c'est cool d'avoir des amis biologistes lol^^
    (merci pour le conseil mais ils sont bourrés tellement vite que je ne sais pas si ce moment existe !)

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