mardi 2 août 2011

Ôhori Kôen Hanabi Taikai

Comme je le disais précédemment, nous sommes entrés dans l'été avec son lot de festivités plus ou moins traditionnelles. Et parmi celles-ci, les hanabi 花火, les feux d'artifice (pour la petite histoire, hanabi s'écrit avec le kanji de la fleur et celui du feu) tiennent une place absolument incontournable.

L'année dernière, j'avais participé au soi-disant plus grand hanabi du Japon, celui de la Sumida-gawa à Tokyo, qui est aussi le plus grand rassemblement de foule que j'ai expérimenté dans ma courte vie japonaise. A Fukuoka, l'équivalent c'est le hanabi d'Ôhori-Kôen, un très grand et joli parc situé dans le centre de la ville. N'ayant donc pas peur de la foule, et les festivals étant quand même assez rares ici en comparaison de Tokyo, j'ai décidé de m'y rendre.

Le parc a la spécificité d'être construit autour d'un assez grand lac, autour duquel tournent les promenades, avec une sorte de presqu'île qui le traverse de part en part. (D'où son nom, car, je l'ai appris ce week-end, "ôhori" signifie "grandes douves".) Pour vous donner une idée de la chose :

C'est donc de toute évidence un très bon spot pour les feux d'artifice, vous en conviendrez.
Bon, la soirée n'a pas été des plus réussies car tout avait été organisé en avance par une Japonaise, et les Japonais n'ont parfois pas le même sens de l'enjoyment que nous, il faut croire. En résumé, au lieu de regarder le feu d'artifice posé quelque part dans le parc bondé en mangeant allègrement des yakitori géants, des biscuits en forme de pikachu ou des pommes d'amour (toutes choses qui font l'ambiance du matsuri japonais et qui font que le désagrément de l'immersion dans une marée humaine vaut le coup), nous avons marché une demi-heure (dans les 30° nocturnes) pour rejoindre un stade reconverti en super-spot pour feu d'artifice ; et à vrai dire, c'était un échec, car on ne voyait pas le reflet sur l'eau, on était bien mal assis sur une pente herbeuse et en plus, c'était payant (mais c'est une règle au Japon de vous faire payer n'importe quoi). Le truc, c'est que le hanabi a duré 1h30... et si vous voulez mon avis, c'est un brin long ! Toute mon enfance j'ai attendu avec impatience le feu d'artifice du 14 juillet, qui me semblait toujours finir trop vite, et pendant une demi-heure je restais, comme tout le monde d'ailleurs, bouche bée à regarder les belles bleues et rouges en espérant que ça ne finisse jamais... Ben quand ça dure 1h30, je vous assure que plus personne n'est émerveillé. Même les enfants se lèvent 4 à 5 fois pour aller faire un tour, acheter à bouffer, aller pisser... tout le monde y va mais finalement tout le monde finit par s'en foutre ; un peu dommage, quoi.

Pour finir sur le fameux échec, quand on a enfin réussi à rejoindre le vrai lieu de la fête, après trois quarts d'heure de marche (il a fallu plus de temps au retour, on allait à contre-foule...), tout impatients qu'on était de s'empiffrer de junk-food japonaise... 22h30, extinction des feux ! Au sens propre : plus une lumière dans le parc et les vendeurs en train de replier leurs baraques dans le noir. Et nous dépités.

Enfin, le matsuri a quand même été l'occasion de croiser de fameux spécimens de japonais, et ça, ça vaut toujours le coup. Il y avait bien sûr les incontournables yukatas, kimonos d'été que généralement les jeunes filles ne perdent pas une occasion de porter quand il y a des évènements comme celui-ci ; du plus pur style traditionnel au style beaucoup plus courant du supermarché (noir à fleurs roses, et faux noeud clippé à la ceinture), en passant par des variantes des plus douteuses : le yukata-pouf, qui consiste à porter le tout en descendant le col jusqu'au milieu des bras pour faire un effet décolleté des plus distingués, le tout rehaussé d'un bon kilo de maquillage ; ou encore le yukata-pyjama, pour celles qui comme moi semblent trouver qu'il est bien trop contraignant de porter un vrai yukata, alors on prend le tissu, mais on en fait un pyjama-pantacourt (et honnêtement, ça fait juste pyjama quoi). J'ai aussi vu le punk traditionnel, avec coiffure rebelle, et yukata noir satiné ; une fille qui portait 2 soutifs hyper-rembourrés superposés (un rose à noeud et un léopard...) en guise de poitrine, des écolières portant des talons de 10cm facile et un garçon qui portait la ceinture de son pantalon au-dessous de l'entrejambe, ce qui m'a paru une prouesse particulièrement difficile et particulièrement sexy (au moins celui-là, il trompait pas sur la marchandise, et du premier coup d'oeil !).

Enfin y'a toujours de quoi s'amuser dans un matsuri japonais !

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