lundi 23 janvier 2012

Karaoke me !

La première soirée de l'année a été, comme il se doit, une soirée karaoké. Je n'ai pas encore trouvé jusqu'à présent la bonne opportunité pour vous parler de ce loisir extrêmement répandu en ici en Extrême-Orient, et pourtant ce n'est pas faute de l'aimer.

Je sais que je me permets bien souvent des critiques acerbes quant à ce pourtant sympathique pays qui a la bonté de m'accueillir en ce moment (je crois cependant être tout à fait critique vis-à-vis de la société qui m'a vu naître, bien que ce soit en effet sur des fronts tout différents). Du coup, à entendre mes diatribes agacées sur la niaiseté des Japonaises trop maquillées et gavées au kawaiiii, sur le coinçage des mâles japonais de moins de 30 ans ou encore la moutonnerie incroyable de ces gens qui attendent lorsque le petit bonhomme est rouge alors qu'il n'y a pas de voiture à 10km à la ronde, certains en viennent à me dire parfois : "mais en fait, pourquoi t'es allée vivre là-bas ?" (Ca me fatigue, d'ailleurs, de devoir expliquer à chaque fois qu'aucune société n'est parfaite, qu'il y a du bon et du mauvais partout, et aucun mal à pointer du doigt le côté chiant des humains de toute nationalité)

Mais si je dois donner des exemples concrets de ce qui fait que j'apprécie de vivre ici, sans hésitation, le karaoké est dans le TOP3. Voire number one. LE KARAOKE, C'EST JUSTE TROP BIEN. J'en avais déjà une vague intuition, avec un certain nombre de soirées Singstar organisées à droite à gauche, où à chaque fois même les plus sceptiques se prenaient au jeu et on finissait tous en train de gueuler "THE FINAL COUNTDOOOOOOOOOWN !" devant la télé.
Mais être ici, et pouvoir entrer à tous les coins de rue dans un bâtiment de 7 étages rempli de salles consacrées ainsi à la gloire du chanteur amateur, avec des possibilités illimitées de choix dans presque toutes les langues que je sais parler (enfin, vaut mieux oublier le français, quand même !), c'est incomparable.
Si quelqu'un a étudié l'aspect psychologique de la chose, j'aimerais beaucoup savoir pourquoi chanter (ou crier, selon le niveau, et le niveau d'alcool aussi...) est quelque chose qui fait tellement de bien aux humains ? (C'est un peu comme les love-drama, seuls ce qui n'ont pas essayé par fierté ou timidité peuvent dire le contraire !)

Bref, donc tant que je suis là, j'en profite. D'ailleurs, si vous êtes à Fukuoka en ce moment et que vous voulez faire un karaoké, n'hésitez pas. ;) Récemment, ayant élargi mon cercle de connaissances, je vais de plus en plus souvent au karaoké avec des Japonais. La différence principale avec les Français, ou autres étrangers, c'est qu'ils chantent bien ! Comme quoi l'adage qui veut que ce soit en forgeant qu'on devient forgeron est valable en tout point du globe. Mais sérieusement, sauf exception, tous les Japonais - même des hommes un peu rustres qui ont la cinquantaine et qui ont pas toujours l'air très fun comme certains inconnus de mon club de badminton, avec qui j'étais hier soir - ont largement tous de quoi passer en finale de notre Star'Ac. Allez, 80%. (En fait, tous ceux qui ne savent pas trop bien chanter ne vont jamais au karaoké. Dommage pour eux. C'est un peu comme être Français et ne pas manger de fromage !)

En tous cas, même avec les partenaires les plus improbables, le karaoké c'est surtout toujours une bonne occasion de s'éclater. Et d'en apprendre plus sur le patrimoine musical du Japon, qui, lui aussi, est plutôt drôle. Pour vous donner un aperçu, je vous laisse donc avec un morceau rigolo apparemment emblématique du "rock" japonais. Le titre : "je t'ai toujours aimé !" ; il paraît que c'est un grand classique des "dôsôkai", les réunions d'anciens élèves dont les Japonais sont très friands. ;)

En plus, c'est un beau gosse !

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